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Diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii)

Diable de Tasmanie / photographe © Corentin Heuzé

Diable de Tasmanie / photographe © Corentin Heuzé

Fiche d’identité

Classe : Mammifères / Ordre : Dasyuromorphes / Famille : Dasyuridés

Statut UICN du diable de Tasmanie

Caractéristiques et signes distinctifs

Le diable de Tasmanie est le plus grand marsupial carnivore actuel. Son corps est trapu, sa tête large, avec de fortes mâchoires capables de broyer les os. Son pelage est noir, souvent marqué d’une tache blanche sur la poitrine ou la croupe, chaque individu possédant un pelage unique. Ses oreilles rougissent lorsque l’animal s’excite. Les mâles sont plus massifs que les femelles. Malgré sa silhouette compacte, l’espèce grimpe, nage et se déplace vite sur de courtes distances.

Répartition géographique et habitat du diable de Tasmanie

Le diable de Tasmanie est endémique de Tasmanie. Il fréquent surtout les forêts et les fourrés denses, mais aussi les zones ouvertes proches des côtes et les terres agricoles. Il utilise souvent des terriers, des fourrés épais ou des abris rocheux pour se reposer le jour.

Régime alimentaire

Le diable de Tasmanie est un charognard efficace, mais il chasse aussi très bien. Il va prédater des wallabies, des opossums et des wombats, ainsi que des oiseaux, reptiles, amphibiens et invertébrés, dont il consommera la viande, les os et la peau, grâce à ses dents robustes. Ainsi, il joue un rôle sanitaire en « nettoyant » les cadavres. À chaque repas, un diable de Tasmanie adulte mange environ 40% de son poids total.

Mode de vie du diable de Tasmanie

Le diable de Tasmanie vit surtout la nuit ou au crépuscule. Il mène une vie plutôt solitaire, sauf lors des repas partagés autour d’une carcasse. Il émet alors grognements et cris impressionnants, qui servent à établir la hiérarchie et l’ordre de passage pour le repas.

Reproduction et naissance

La maturité sexuelle survient vers 2 ans pour les femelles, et 3 ans pour les mâles. La saison des amours a lieu principalement en février et mars, où la femelle verra son cou se gonfler afin de le protéger des nombreuses morsures du mâle lors de l’accouplement. Après une gestation très courte, d’environ 21 jours, la femelle met bas 20 à 30 nouveau-nés d’à peine 6mm qui ramperont du vagin jusqu’à la poche ventrale, où seuls les premiers arrivés se fixent sur l’une des quatre mamelles de la poche. Les jeunes restent au chaud environ 16 semaines avant d’entamer les premières sorties de la poche, ils sont sevrés vers 5 à 6 mois et deviennent indépendants autour de 8 à 9 mois.

Menaces et protection du diable de Tasmanie

La principale menace est une maladie transmissible : la tumeur faciale du diable (DFTD), responsable d’un déclin de près 80% de la population sauvage en seulement 10 ans. À cela s’ajoutent les collisions routières, la fragmentation des habitats et certains conflits avec les activités humaines.

En réponse, le gouvernement tasmanien pilote le Save the Tasmanian Devil Program : surveillance des populations, relâchers ciblés et travaux de recherche, y compris sur la vaccination. En 2004, la décision a été prise de prélever plusieurs individus dans la nature et de les transférer en parcs zoologiques afin de créer une population de réserve, en vue d’un projet de réintroduction dans le futur.

L’espèce est listée En danger au niveau national australien et sur la Liste Rouge de l’UICN. On estime qu’il resterait moins de 20 000 diables de Tasmanie à l’état sauvage. En Europe, un Programme d’Élevage Européen (EEP) coordonné par le Zoo de Copenhague gère la population ex-situ. En France, la Ménagerie du Jardin des Plantes et le ZooParc de Beauval participent à la sensibilisation du public et à l’accueil d’individus dans le cadre de ces programmes.

Le saviez vous ?

À la différence des wallabies et des kangourous, la poche ventrale du diable de Tasmanie est orientée vers l’arrière. Ainsi, lorsque les petits sortent de la poche, ils ne gênent pas les déplacements de la mère.

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