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Paresseux à deux doigts (Choloepus didactylus)

Paresseux à deux doigts / photographe © Julie Lefebvre

Paresseux à deux doigts / photographe © Julie Lefebvre

Fiche d’identité

Classe : Mammifères / Ordre : Pilosa / Famille : Mégalonychidés

Statut UICN du paresseux à deux doigts

Caractéristiques et signes distinctifs

Le paresseux à deux doigts, aussi appelé paresseux de Linné, est le plus grand des six espèces de paresseux existantes. Il tire ce nom de « paresseux » à cause de sa vitesse (en moyenne 0.5km/h), mais également de son métabolisme très lent.

Ce paresseux possède deux doigts griffus* aux membres antérieurs et trois doigts aux postérieurs. Sa fourrure pousse « à l’envers » : la raie débute sur le ventre et les poils dirigent l’eau vers le dos. Des algues se développent dans les sillons du poil et donnent parfois une teinte verdâtre à l’animal, un camouflage efficace dans la forêt tropicale. Les griffes recourbées (entre 8 et 10 cm) servent à pendre aux branches en dépensant le minimum d’énergie.

*Griffu : Armé de griffes ou d’ongles longs et crochus.

Répartition géographique et habitat du paresseux à deux doigts

L’espèce vit au nord de l’Amérique du Sud : Guyanes (dont Guyane française), Venezuela, Colombie, Équateur, Brésil (au nord de l’Amazone), Pérou et Bolivie. Elle fréquente les forêts humides de plaine et de montagne. Le paresseux à deux doigts évolue surtout dans les hauteurs des arbres, appelée la « canopée ».

Régime alimentaire

Le paresseux à deux doigts est un folivore. Il consomme surtout feuilles, jeunes pousses et bourgeons, avec des fruits selon la saison. Son estomac multi-chambres et sacculé fermente les fibres, un peu comme chez les ruminants (vaches, chameaux, girafes…) . Ce système explique sa digestion très lente et son métabolisme bas.

Mode de vie du paresseux à deux doigts

Le paresseux à deux doigts est nocturne et arboricole. Il passe presque toute sa vie suspendu : il dort, mange, s’accouple et met bas accroché aux branches. Il descend rarement au sol, en moyenne tous les 3 à 5 jours pour faire ses besoins au pied des troncs d’arbres. Ce comportement représente une grosse dépense énergétique, telle qu’il peut mettre plusieurs heures à remonter à la cime des arbres. De plus, celà augmente le risque de prédation, mais reste typique chez les espèces du genre Choloepus.

Reproduction et naissance

Chez le paresseux à deux doigts, la maturité sexuelle survient vers 3 ans chez les femelles, et vers 4 ans chez les mâles. Les accouplements peuvent survenir toute l’année.

La gestation dure environ 6 mois pour mettre au monde un seul petit. La femelle mettra bas accrochée sur une branche ou au repos dans une fourche d’arbre. Le nouveau-né pèse entre 350 et 450 g et s’agrippe au pelage ventral afin d’être transporté par sa mère pendant plusieurs mois ; il commence vite à goûter la nourriture de sa mère, tout en tétant.

Menaces et protection du paresseux à deux doigts

Au niveau mondial, l’espèce est classée « Préoccupation mineure » (LC) et figure dans la liste rouge de l’UICN, mais certaines populations subissent des pressions locales : déforestation, braconnage et captures pour le commerce illégal d’animaux de compagnie. Les lignes électriques et les routes provoquent aussi des mortalités.

Depuis plusieurs années, les paresseux à deux doigts sont également régulièrement dérangés par les touristes, qui les décrochent des arbres afin de réaliser de nombreuses photos et « selfies » avec cet animal. L’espèce est présente dans de nombreuses aires protégées. En Guyane, la chasse de subsistance est strictement encadrée, et tout commerce de paresseux y est interdit. En Europe, l’EAZA encadre la gestion de l’espèce via un Programme d’Élevage Européen (EEP).

Le saviez vous ?

La descente hebdomadaire au sol intrigue les chercheurs. Plusieurs hypothèses coexistent : communication chimique, fertilisation de l’arbre hôte ou relation symbiotique avec les mites et les algues de la fourrure. Quoi qu’il en soit, l’événement reste rare et risqué.

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